A propos de Rita Articles de presse

En 1841, lorsqu’il achève la partition de Rita ou le mari battu , Donizetti est au sommet de son art. Plusieurs de ses oeuvres, notamment ses opéras français (Les Martyrs, La Favorite, La Fille du régiment) triomphent presque simultanément sur les plus grandes scènes parisiennes, ce qui est un comble pour un musicien italien !

Berlioz lui-même s’en irritait dans le Journal des Débats (1840) : « Monsieur Donizetti a l’air de nous traiter en pays conquis, c’est une véritable guerre d’invasion. On ne peut plus dire : les théâtres lyriques de Paris, mais seulement : les théâtres lyriques de Donizetti ». Cette hostilité ambiante pèsera probablement sur le destin de « Rita » que Donizetti ne verra jamais représentée. Finalement, l’ouvrage sera créé à l’opéra-comique le 7 mai 1860, douze ans après la mort du compositeur.

Aujourd’hui cette comédie nous enchante par sa construction musicale exceptionnellement drôle : mélodies, duos et trios, tous plus cocasses les uns que les autres s’enchaînent sur un rythme étourdissant.
Par ailleurs, « Le Mari battu », titre insolite, évoque de manière ludique l’ambiguïté séculaire des rapports hommes/femmes au sein du couple. Enfin, dans leur façon burlesque de régler leurs conflits, les personnages semblent tout droit sortis d’une bande dessinée.